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La Sonate pour violon et piano n°1 sz-75 de Bélà Bartòk, composée à l'automne 1921 est, avec la Sonate n°2, une des œuvres les plus fascinantes du compositeur. Tension sauvage, culte de la dissonance et lyrisme rhapsodique sont soutenus par une écriture savante de plus en plus influencée par le dodécaphonisme Schönbergien, en particulier dans le 1er mouvement qui utilise la forme sonate avec une très grande liberté. L'Adagio central (tripartite), avec sa transparence douloureuse, fait entendre de lointaines sonorités Debussystes. L'Allegro final, sorte de grand Rondo toujours rebondissant, d'inspiration populaire roumaine, renoue avec le 1er mouvement, dans un élan irrésistible. Cette œuvre, extraordinairement complexe, dont l'écriture ménage un savant équilibre entre les deux instruments, exige des interprètes, au-delà d'une virtuosité transcendante, une faculté rare : le pouvoir de "re-création" poétique de l'œuvre, dans l'esprit d'une libre improvisation. |